Carnet de voyage
       

Angkor, Tonle Sap et Mondolkiri (Cambodge 2009)

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Livre conseillé

Ces deux semaines ont été l'occasion de découvrir le Cambodge. Tout d'abord, au niveau culturel, par la visite des nombreux temples Khmères autour d'Angkor. Puis, de découvrir la vie des Cambodgiens, en parcourant de nombreux villages, marchés, ateliers d'artisanat, villages flottants du lac Tonle Sap. Une petite incursion dans la région du Mondolkiri nous a permis d'aborder une partie un peu plus "Nature" du pays et de rencontrer la minorité Phnong.

 

 

Le 8 mars

Nous arrivons dans la matinée à Siem Reap après une escale à Bangkok. Notre guide, Pich, nous accueille à l'aéroport et nous emmène à l'hôtel. Nous avons la fin de journée libre pour découvrir la ville et nous remttre du vol et du décalage horaire. Siem Reap est en pleine extension en raison de l'augmentation du nombre de touristes venus visiter Angkor. En cette fin de saison sèche, la chaleur et l'humidité tropicales sont bien présentes et nous accompagneront tout au long du voyage. Ma visite se limitera à quelques balades le long de la rivière Siem Reap et au Vieux Marché où commence l'immersion dans les couleurs et les odeurs d'Extrême-Orient. Je termine l'après-midi dans le parc du Grand Hôtel d'Angkor animé par les cris de nombreuses roussettes, de grandes chauves-souris qui passent la journée pendues aux branches des grands arbres. Nous passons la nuit au Casa Angkor Hotel.

 

 

Le 9 mars

Nous avons une première formalité à accomplir, acheter le pass qui nous permettra de visiter les temples autour de Siem Reap. Nous prenons le pass 7 jours à 60 USD. Au Cambodge, le dollar est au moins autant utilisé que le Riel, la monnaie locale. Nous quittons la ville et faisons une première balade dans un village. Cette marche nous permet de découvrir les maisons traditionnelles sur pilotis, utiles lors de la saison des moussons. Les Cambodgiens constituent un peuple très chaleureux et de nombreux sourires nous accueillent. Les enfants sont très nombreux (57% de la population a moins de 25 ans) et viennent poser devant nos appareils photos.

 

Nous poursuivons pour notre première visite. Il s'agit du Temple Bakong qui fait partie du groupe de Roluos. Ce temple-montagne fut construit vers la fin du IXe siècle sous le règne d'Indravarman 1er. Les deux douves et les trois enceintes recouvrent sur une surface de 900m par 700m. La pyramide à cinq étages reflète au mieux l'idée du mont Méru. Elle est coiffée par l'unique tour en grès qui ne fut construite qu'au XIIe siècle. Les autres tours sont en briques.

 

Notre deuxième visite sera pour le temple Preah Ko, faisant lui aussi partie du groupe de Roluos. Preah Ko signifie " le bœuf sacré ". Ce temple de plain-pied fut construit par Indravarman 1er vers la fin du IXe siècle. L'ensemble du site est en ruine (il reste peu de choses des galeries), cependant, les six prasats (tours) principaux sont encore debout. Ils sont en briques recouvertes de stuc. Trois taureaux Nandin (montures de Siva) ainsi que six lions gardent les trois escaliers menant aux sanctuaires.

 

Après le déjeuner dans un restaurant local, nous faisons une nouvelle balade dans un village. Ce qui nous permet de voir la vie quotidienne des villageois. Certains sont occupés à la fabrication des galettes de riz (qui serviront à emballer les rouleaux de printemps), d'autres préparent les nouilles de riz. Nous pouvons aussi observer les moyens de transports locaux dont le scooter qui remplace de plus en plus le vélo et permet de transporter jusqu'à 4 personnes, ou de lourdes charges (cochons, poulets...). Les camions locaux valent aussi le coup d'oeil, la version minimale n'étant composée que d'un chassis et du moteur à l'air libre.

 

La dernière visite de la journée est pour le temple Chau Srei Vibol. Un panneau à l'entrée nous signale que la zone est déminée depuis peu et nous rappelle le récent et douloureux passé du pays (génocide des Khmers Rouges, guerre du Viet-Nam). Ce sanctuaire à trois enceintes est construit sur une colline. Il est à l'état de ruine et envahi par la végétation. Nous passons la nuit chez l'habitant à Dam Daek.

 

 

Le 10 mars

Nous partons en direction de Phnom Kulen, une colline Sainte pour les Khmers. Tout d'abord, nous visitons Beng Mealea. Ce temple "oublié", accessible aux touristes depuis peu, est pourtant célèbre puisqu'il a servi de décor au film de Jean-Jacques Annaud "Deux frères". Ce temple a été construit au XIIème siècle sous le règne de suryavarman II. Il est l'un des plus grands ensembles de la region d'Angkor puisqu'il couvre, à l'interieur de ses bassins-fosses de 45 metres de largeur et de 4200 de peripherie, une superficie de 108 hectares. Il a beaucoup de charme, étant encore situé au milieu de la végétation et très peu restauré. Sa visite est relativement sportive, nous devons escalader les blocs de pierre au milieu des racines.

 

Après cette visite, le bus nous emmène au pied de Phnom Kulen. Cette colline mesure 40 km sur 12 et culmine à près de 500 m. En 802, sur cette montagne sacrée, élue capitale et baptisée à l’époque Mahendraparvata, Jayavarman II se proclame Souverain universel. Nous entamons la montée sur des escaliers jusqu'à une pagode en construction. Nous continuons l'ascension sur une chemin dans la forêt, cette zone est classée parc national et reste donc relativement protégée. Nous traversons une rivière dont le fond est sculpté en de nombreux lingas. Le linga ou lingam est une pierre d'apparence phallique. Il représente la forme incarnée de Shiva. Le linga est associé au yoni, symbolisant l’union des principes masculin et féminin. Il incarne donc l'Univers, la Création. L'eau qui coule sur un linga est considérée comme sacrée. Nous déjeunons dans le village tout proche puis allons nous rafraîchir dans une cascade qui nous fait le plus grand bien.

 

Nous retournons au village, sanctuaire bouddhiste, qui abrite une statue de bouddha couché de 10 mètres de long. Elle a été sculptée au sommet d'un immense bloc de grès au XVIème siècle. Depuis, un temple a été construit tout autour. Des petites filles nous proposent de garder nos chaussures, puique nous devons nous déchausser pour accéder au sommet.

 

Nous reprenons le chemin pour la dernière étape de notre randonnée qui nous conduit au lieu où nous allons passer la nuit. Il s'agit d'une pagode située au sommet de Phnom Kulen. Nous installons nos matelas et moustiquaires dans le réfectoire des moines. Nous avons ensuite juste le temps d'aller profiter du coucher de soleil sur les stupas. Les cigales, omiprésentes au lond de ce voyage, nous accompagnent de leur chant mécanique.

 

 

Le 11 mars

Nous devons nous lever tôt pour laisser le réfectoire pour le repas des moines. Nous prenons le petit déjeuner et plions rapidement bagage avant d'assister au déjeuner silencieux des bonzes. Avant le départ, je fais quelques photos des décors colorés (très kitsch) de la pagode et des différents stupas.

 

Il est 8 heures et il fait déjà chaud lorsque nous entamons notre randonnée sur le plateau de grès qui nous offre peu d'ombre. Puis, nous entrons dans la relative fraicheur de la forêt pour nous diriger vers le site de Srah Dumrei. Sur cet immense monolithe de grès, ont été sculptés au Xème siècle, un éléphant et deux lions, grandeur nature. Une vision inattendue en pleine jungle !!!

 

Nous reprenons le chemin en sens inverse en faisant une pause près de la falaise où viennent s'isoler les moines pour méditer. Nous retrouvons le bus qui nous emmène au village et surtout à la raffraichissante cascade de la veille. Après déjeuner, nous descendons de Phnom Kulen vers Kbal Spean pour découvrir la rivière aux "mille lingas". Une demi-heure de montée nous permet de voir, comme hier, le fond de cette rivière recouvert de lingas et yonis sculptés. De plus, des bas-reliefs représentant Vishnou couché sont sculptés dans les rochers de grès. Malheureusement, les pilleurs sont passés par là et les ont détériorés. Plus bas, la rivière forme une petite cascade.

 

Nous redescendons pour retrouver le bus qui nous conduit pour la dernière visite de la journée, le temple de Bantaey Srei. Construit par le brahmane Yajnavarâha, précepteur de Râjendravarman puis de Jajavarman V, le Banteay Srei a été édifié vers le milieu du X siècle. Malgré sa taille réduite, qui est dû au fait que Yajnavarâha n'était pas un souverain, ce temple est considéré par beaucoup spécialistes comme le joyau de l'art Khmer et peut sans conteste rivaliser avec Angkor Vat. Yajnavarâha construisit son temple entièrement en grès rose ce qui donne aux trois prasats tout leur éclat. La perfection des sculptures fait toute la qualité de Banteay Srei. Elles couvrent la totalité des édifices avec un raffinement jamais égalé. Exécutés en haut-relief, les Dêvatâs et Dvârapâlas sont si expressifs et sensuels qu'on les croirait vivants. Les frontons des sanctuaires sont sans conteste les plus beaux de l'art Khmer, ils représentent le plus souvent les épopées hindoues du Ramayana. Nous rentrons à Siem Reap et passons la nuit au Casa Angkor Hotel.

 

 

Le 12 mars

Aujourd'hui, visite cycliste d'Angkor Thom. Angkor Thom est la grande cité capitale de Jayavarman VII (1181-1218), 9 km2 délimités par des remparts de 3 km de côté et de 8 m de hauteur. Ce grand quadrilatère est percé de 4 portes principales situées aux 4 points cardinaux et divisant la ville en 4 quartiers égaux. Il comprend les ruines du Palais Royal, les Tours Suor Prasat et un certain nombre de temples, Preah Palilay, Preah Pithu, mais surtout le Temple-Montagne Baphuon et l'envoûtant temple Bayon. A la vue de l'ensemble de ces monuments, il est facile d'imaginer la splendeur de cette grande capitale et la population considérable qui devait vivre dans l'enceinte de cette cité. Pour éviter le trafic de Siem Reap, nous partons en bus de l'hôtel pour récupérer les vélos à la porte sud. Ces voies d'accès franchissant la douve sont appelées Chaussée des géants en raison des hautes balustrades qui les bordent, constituées de 54 géants portant dans leurs bras le corps d'un énorme Nâga. À gauche, les Apsaras, génies du ciel avec une expression paisible et sereine. À droite, les Devas, génies du monde souterrain avec une expression terrifiante. Cette représentation reprend l'un des thèmes chers à la mythologie indienne : le Barattage de la mer de Lait, qui symbolise la création du monde. Les portes sont surmontées de trois tours à visages d'une hauteur de 23 m.

 

Nous enfourchons nos vélos pour une première balade sur les remparts. Quelques macaques nous y accueillent. Nous avons une belle vue sur les douves où barbotent quelques buffles. Nous roulons jusqu'à la port ouest, puis entrons dans la cité en direction de son centre où se trouve l'imposant Bayon. Il s'agit du temple principal du carré que forme Angkor Thom, il comprend 49 tours sculptées de visages géants au sourire troublant. D'inspiration javanaise, ils seraient les dieux protecteurs de la loi de Bouddha. Mais les influences sont aussi d'inspiration hindoue vouant un culte à Shiva et à Vishnou. Ce temple d'Etat avait probablement pour but de rassembler toutes les énergies du royaume et toutes les religions.

 

Le Temple se compose de trois terrasses. La première, surélevée de 1,50 m en moyenne par rapport au sol extérieur, forme un quadrilatère d'environ 125 m sur 136 m. Elle supporte la 3e enceinte qui constitue une galerie, dite galerie aux bas-reliefs extérieurs, de 4,60 m de large. Une cour périphérique, d'une largeur moyenne de 17 m, entoure la seconde plate-forme bordée par une nouvelle galerie aux murs sculptés, galerie aux bas-reliefs intérieurs. Large de 68 m et longue de 78 m, elle n'est qu'à 1,30 m au-dessus du niveau de la première terrasse. La troisième plate-forme est en forme de croix grecque à redans. Ses galeries limitent la 1re enceinte. Sa hauteur n'est que de 4,60 m par rapport au sol de la cour périphérique. Le centre de la croix supporte l'imposante tour centrale.

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le Baphuon tout proche. Temple d'état, il fut construit par le roi Udayâdityavarman II en 1060. Baphuon est un temple majeur du site Angkor. Les ruines du site rendent difficile à imaginer son éclat d'antan. Pyramide rectangulaire à cinq gradins, le Baphuon est un gigantesque temple montagne de 24 m de haut pour une base de 130 m par 104 m. La partie supérieure du sommet est effondrée, et au XVI e siècle, les pierres de l'édifice ont été récupérées pour construire un gigantesque Bouddha couché. Malheureusement l'accès à la pyramide est interdit à la visite depuis 1999 compte tenu des travaux importants réalisés sur le site. L'Ecole Française d'Extrême-Orient a entrepris cette restauration dans les années 60.

 

Après le déjeuner, nous reprenons les vélos en direction du temple de Preah Khan. Le Preah Khan, "L'épée sacrée", est l'une des plus grandes constructions réalisée sous le règne de Jayavarman VII. Le temple fut à la fois une immense ville et un grand monastère bouddhique universitaire qui hébergeait plus de 1000 professeurs. L'enceinte extérieure en latérite formant un rectangle de 700 m par 800 m avec quatre gopuras est bordée de douves sur sa partie extérieure. Cette enceinte contenait la ville et le temple. Preah Khan est aussi connu pour son beau Stupa érigé dans le sanctuaire central, symbolisant ainsi le Bouddhisme sous toutes ses formes.

 

Nous continuons à travers la forêt pour atteindre Ta Nei après avoir franchi un petit barrage sur la rivière. Ce temple fut érigé sous Jayavarman VII, vers les années 1200. On peut seulement en faire le tour à pied, l'intérieur étant trop instable pour la visite.

 

 

Notre prochaine et dernière étape est le temple de Ta Phrom. Ta Prohm qui signifie "l'ancêtre Brahma", est l'un des grands temples édifiés par Jayavarman VII. Tout comme Preah Khan, il s'agissait à la fois d'un monastère et d'une immense ville. Ta Prohm est un temple qui marque beaucoup les visiteurs par l'atmosphère particulière qui s'en dégage, car le temple a été laissé en ruine, noyé dans la jungle tropicale. En effet, à l'époque des premiers travaux de restauration, au début du XXe siècle, les archéologues de l'École française d'extrême-orient prirent le parti de conserver ce temple dans l'état dans lequel ils l'avaient trouvé afin de donner une idée aux visiteurs de ce à quoi ressemblait Angkor lorsque les grands explorateurs du XIXe siècle découvrirent le site. Ce fut une formidable idée car les temples du style de Bayon dégagés et restaurés ne manquent pas sur le site d'Angkor; la restauration de celui-ci n'aurait rien apporté de très nouveau. Par contre la découverte de ces ruines dans l'enchevêtrement des ficus et des fromagers est un spectacle fascinant.

Nous terminons cette très agréable journée de visite par le retour vers Siem Reap en passant dans la forêt et les villages voisins. Nous passons la nuit au Casa Angkor Hotel.

 

 

Le 13 mars

Dernière journée de visite culturelle autour de Siem Reap. La matinée est consacrée au site d'Angkor Vat. Temple d'état de Suryavaram II, Angkor Vat fut construit durant la première moitié du XIIe siècle. C'est le plus célèbre et le plus prestigieux de tous les temples khmers du Cambodge. C'est par la volonté de Suryavarman II, se considérant lui-même comme l'incarnation du dieu Vishnou, que l'art khmer classique a atteint, avec la réalisation d'Angkor Vat, son apogée. Construit comme un temple-montagne, en référence au mont Méru, centre cosmique de l'univers dans la religion hindoue, il s'oppose, par son orientation à l'Ouest, à tous les autres temples du site d'Angkor qui sont tournés à l'Est. Cette particularité a longtemps soulevé des controverses. On sait aujourd'hui que cette orientation répondait à une loi fondamentale des prêtres-architectes hindous (sthapâtis) qui voulait que l'entrée du temple soit tournée vers la ville (l'ancienne cité de Yasodharapura). Le périmètre extérieur d’Angkor Vat mesures 5 500 mètres. Les proportions sont gigantesques, formant un rectangle de 1500 m par 1300 m avec des douves de 200 m de largeur. Il est considéré comme le plus grand édifice religieux du monde. Nous entrons par l'entrée ouest et traversons les douves pour atteindre la première galerie dans laquelle se trouve une statue de Vishnou de 3,25 m de haut. Celle-ci est encore l'objet d'un culte religieux et nous verrons plusieurs mariages venir s'y recueillir.

 

Nous poursuivons sur la chaussée de 325 m qui mène vers le temple. Des bassins remplis de nénuphars et deux bibliotuèques sont positionnés de part et d'autre. Nous arrivons à la première enceinte du temple : une immense galerie, ouverte sur l'extérieur, qui mesure 187 x 215 m. Sur les murs intérieurs se déroule une impressionnante scénographie de bas-reliefs admirablement sculptés. Ils représentent des scènes de conquêtes militaires ou religieuses (Ramayana et Mahabharata), ainsi que des scènes de la Cour Royale et de la vie quotidienne des paysans.

 

Nous entrons dans la deuxième enceinte, qui mesure 100 x 115 m, elle n'était accessible qu'aux prêtres. C'est pourquoi on y trouve deux bibliothèques (nord et sud), parées d'Apsaras. Hormis ces décorations, l'architecture dépouillée de ce niveau correspond aux besoins des religieux érudits, retirés pour se livrer à la méditation. Cette enceinte contient le soubassement, haut de 13 m, au sommet duquel se dresse le massif colossal de la dernière enceinte (60 m de côté). Inclinés à 70° des escaliers vertigineux permettent l'accès au couronnement. Ce troisième et dernier niveau du temple-montagne supporte les quatre prasats d'angle et le sanctuaire central, tous reliés par des galeries voûtées. Des Apsaras et de superbes frontons ornent les tours et portes. Le sommet du sanctuaire culmine en bouton de lotus à 42 m (soit 65 m au-dessus de la plaine d'Angkor). Il est maintenant inaccessible aux touristes en raison de la sur-fréquentation du site.

 

Nous quittons Angkor pour nous diriger vers le Baray Oriental. Les baray étaient des réservoirs artificiels de grande capacité ayant soit un objectif économique, retenir l'eau pour l'irrigation, soit une signification politique et religieuse : démonstration du pouvoir des rois, représentation de la mer. Ils sont maintenant vides et des villages et rizières y sont installés. Le Baray oriental présente un périmètre de 18 km. Après déjeuner, nous allons visiter le Mebon Oriental. Il se trouve au centre du Baray oriental et, à l'origine, seulement accessible grâce à une embarcation. On y retrouve toutes les caractéristiques d'un temple montagne en brique et latérite se présentant comme un ensemble de cinq tours en quinconce supportées par une plateforme haute de trois mètres. L'axe est-ouest de ce temple s'aligne avec l'entrée principale du Palais Royal d'Angkor Thom. On y trouve des linteaux en grès de belle facture, ainsi que des éléphants en ronde bosse aux angles de chaque étage dont l'un d'eux (au sud ouest) demeure en très bon état de conservation.

 

Nous poursuivons vers le dernier temple de cette semaine culturelle, Bantaey Samre. Il fut construit vers le milieu du XIIe siècle, probablement par les hauts dignitaires de Sûryavarman II. C'est le plus grand temple du style du Angkor Vat après le temple de Sûryavarman II à Angkor. Agrandi au XIIIe siècle sous Jayavarman VIII, le temple est très peu visité, pourtant il réserve de nombreuses surprises comme ces superbes fausses portes ou ces extraordinaires frontons en très bon état de conservation. Ils dépeignent, pour la plupart, les scènes du Ramayana avec ses divinités hindoues. Une chaussée de 200 m en latérite conduit à la porte de l'Est. Le temple ne possède que trois gorupams de taille imposante, mais celui de l'Est semble inachevé. Comme à Angkor Vat, la terrasse est cruciforme, bordée de balustrades en forme de nagâs et gardée par des lions. L'enceinte extérieure en latérite a d'une hauteur de 6 m. L'enceinte intérieure, de 44 m par 38 m, est formée de galeries avec quatre gorupams à chaque point cardinal. On y trouve deux bibliothèques (Nord et Sud) ainsi que le sanctuaire central précédé d'un mandapa.

 

Nous terminons la journée par une nouvelle immersion dans la vie quotidienne des Cambodgiens. Nous visitons tout d'abord un atelier de tissage de la soie. Tout est ici entièrement manuel sur d'antiques métiers à tisser. Puis nous marchons dans un village et près des rizières qui sont ici encore un peu en eau (c'est la fin de la saison sèche). Les villageois y pêchent les derniers poissons-chats encore présents dans les mares boueuses, d'autres récoltent le jus du palmier à sucre qui servira à préparer le vin de palme. Nous rentrons à Siem Reap passons notre dernière nuit au Casa Angkor Hotel

 

 

Le 14 mars

Avant de quitter Siem Reap, nous allons visiter les ateliers des Artisans d'Angkor. Cette association a pour vocation d'aider les enfants de familles pauvres en leur apprenant un métier dans le domaine de l'artisanat; peinture sur soie, polychromie, sculpture du bois ou du grès... Nous regardons travailler les artisans et passons dans la boutique qui vend les objets produits, plus chers que dans les autres magasins pour touristes, mais d'excellente qualité.

 

Nous poursuivons par une balade le long de la rivière Siem Reap. Elle est bordée de maisons sur pilotis dont certaines sont équipées de norias permettant de pomper l'eau. Les enfants s'amusent dans l'eau et y pêchent quelques poissons. Nous voyons un groupe de personnes en train de couper la pêche afin d'en faire du poisson fermenté, un plat très apprécié au Cambodge. Le poisson est aussi conservé séché au soleil.

 

Plus loin se tient le marché, toujours très colorés des différents fruits et légumes locaux. A côté, une pagode est encore en construction, les moines sont en train d'en peindre le plafond. Une deuxième salle de culte située à côté est flambant neuve avec ses peintures aux couleurs très vives et ses bouddhas dorés.

 

 

Nous reprenons le bus pour nous rendre à l'embarcadère du lac Tonle Sap. Le Tonlé Sap (ce qui signifie en khmer « grande rivière d'eau douce », mais qu'on traduit plus fréquemment par « grand lac ») est un système hydrologique combinant lac et rivière, d'une importance capitale pour le Cambodge. Le lac est le plus grand lac d'eau douce d'Asie du Sud-Est et un site de première importance du point de vue écologique, reconnu en tant que biosphère UNESCO en 1997. La rivière du même nom relie le lac au Mékong, fleuve qu'elle rejoint à Phnom Penh, la capitale du pays. La superficie du lac pendant la saison sèche, de près de 2 700 km² pour une profondeur d'environ un mètre, se voit quasiment multipliée par six quand arrivent les pluies de mousson. En effet, le Mékong est alors en crue (du fait de la mousson et de la fonte des glaces himalayennes) et la rivière qui le relie au lac inverse son cours. On estime alors que la surface du lac peut atteindre à 16 000 km² et sa profondeur neuf mètres. En volume, cela représente une multiplication par un facteur 70. Le Tonle Sap est un des lacs les plus poissoneux du monde (200 espèces y ont été répertoriées) et fournit 60% de l'apport en protéines de la population cambodgienne.

 

Nous prenons donc le bateau pour descendre un chenal d'accès, puis nous arrivons dans le lac lui-même. Nous arrivons rapidement dans un village flottant. Ici, les pêcheurs ont installé leur maison sur des bambous et peuvent ainsi évoluer sur le lac au gré des changements de niveau d'eau. Beaucoup d'entre-eux sont originaires du Viet-Nam. Nous naviguons au milieu du village et faisons un arrêt pour le pique-nique dans une des maisons. Après avoir observé la vie du village, nous remontons dans notre bateau pour nous rendre dans une autre partie du lac, à l'embouchure de la rivière Sangker.

 

Après 1h30 de navigation, nous arrivons dans le village flottant de Prek Toal installé sur les rives de cette rivière. Nous y évoluons lentement et pouvons voir la vie quotidienne. Ici, tout se passe sur l'eau, les écoles, églises, boutiques sont toutes flottantes. Les marchands se déplacent en barque de maison en maison pour proposer leur marchandise.

 

Après 1h d'immersion dans cette vie si différente de la notre, nous arrivons à l'ndroit où nous allons passer la nuit, une maisons flottante !! Nous y installons matelas et moustiquaires pendant que nos hôtes préparent le diner. Avant la tombée de la nuit, nous allons voir un petit élevage de crocodiles sur la rive. Les pauvres sauriens, que l'on transformera bientôt en sac à main, sont une vingtaine dans un minuscule bassin d'eau croupie... Nous rentrons dans notre maison et profitons d'un joli coucher de soleil.

 

 

Le 15 mars

Nous reprenons le bateau pour faire le chemin en sens inverse. Nous descendons la rivière Sangker. L'activité du village de Prek Toal est toujours très intéressante à observer. Après avoir traversé le lac et croisé le cortège officiel d'un vice-ministre, nous débarquons et retrouvons notre bus.

 

Nous faisons un premier arrêt pour voir un champs de lotus tout proche du lac. On le cultive ici pour ses tiges et ses graines qui sont comestibles. Le lotus est une plante quatique qui ressemble au nénuphar avec des feuilles plus grandes. De plus, contrairement à ce dernier, la fleur s'épanouit au dessus de l'eau. Dans le bouddhisme la fleur de lotus est emblématique de Bouddha. Dans tout le monde indien, on compte de très nombreuses peintures, sculptures et représentations de la fleur de lotus.

 

Nous avons maintenant de la route à faire et nous quittons la région de Siem Reap. Nous prenons la direction du sud-est, déjeunons à Kompong Thom, pour nous diriger vers Kompong Cham. Le paysage est très plat et sec en ce mois de mars. En saison des pluies, ce serait de vertes rizières que nous pourrions voir ici. La terre est ici très riche et nous traversons de grandes plantations d'hévéas cultivés en vue d'en extraire le latex. Cette monoculture et ces alignements d'arbres sont tristes à voir par rapport à la richesse de la jungle qu'ils ont remplacée. Nous arrivons à Kompong Cham, l'une des plus grandes villes du pays, située au bord du Mékong. Elle n'a pas de grands attraits touristiques et ne sera qu'une étape pour nous. Nous avons un peu de temps et visitons le temple de Wat Nokor, situé à l'entrée de la ville. Ce temple construit durant la période angkorienne dans le style du Bayon, n'a que peu d'intérêt après les merveilles que nous avons vues à Angkor. Son originalité réside dans l'enchevêtrement de pagodes mêlées aux constrtuctions de l'ancien temple. A côté, une association humanitaire vient en aide aux enfants des rues, et leur apprend la cuisine, la couture ou la danse. Nous assistons à une représentation de danse Apsara, du nom des danseuses célestes sculptées sur les bas reliefs des temples Khmers. Nous passons la nuit au Mekong Hotel, qui ressemble plutôt à une prison avec ses chambres sans décoration et ses immenses couloirs où l'on pourrait organiser un match de football, mais avec vue sur le Mékong...

 

 

Le 16 mars

Nous commençons la journée par une balade sur les rives du Mékong. Le Mékong est le quatrième fleuve de l’Asie par le débit et le dixième du monde, son débit étant de 475 km3 d'eau par an. Les chiffres concernant sa longueur varient de 4 350 à 4 909 km, la mettant en 10e place. Né dans le Tibet oriental (sur les hauteurs de l'Himalaya), le Mékong arrose successivement la Chine (la province du Yunnan), le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt Nam. Son niveau est bas à cette époque, mais nous pouvons voir le niveau maximum sur les piles du pont de plusieurs mètres supérieur. Nous nous dirigeons vers un pont en bambou qui permet de relier la ville avec une ile située au milieu du fleuve. Il mesure 500 m de long et doit être reconstruit chaque année après sa destruction par les hautes eaux. Il est suffisamment solide pour supporter le passage d'une voiture. Il se trouve à côté d'un autre pont, celui-ci en béton, construit par les Japonais qui enjambe le Mékong sur une longueur de 1380 m. Nous terminons la balade par la visite d'une pagode.

 

Nous retrouvons notre bus et partons pour une longue journée de transfert vers la province du Mondol Kiri. Sur la route, nous pouvons voir toute l'ingéniosioté des Cambodgiens qui arrivent à tout transporter sur leurs scooters. Nous en croisons plusieurs qui transportent des lits par exemple.

 

Nous faisons une pause pour visiter une exploitation où l'on cultive poivriers et divers fruits (jacquier, mangue, Fruit du dragon...). Le long de la route, nous avons pu voir les grains de poivre sêcher au soleil ainsi que le manioc coupé en petits morceaux. Le poivrier (Piper nigrum) est une liane de la famille des Pipéracées originaire de la côte de Malabar. Selon le traitement et le stade de récolte, les grains pourront donner du poivre noir (baies entières séchées récoltées à maturité), du poivre blanc (baies séchées débarrassées de leurs enveloppes) ou du poivre vert (baies fraîches conservées humides).

 

Nous continuons vers le village de Snoul où nous déjeunons dans un petit restaurant local à côté du marché. Après une rapide visite, nous reprenons la route qui laisse rapidement la place à une piste en latérite. Cette piste est en cours d'aménagement et nous croisons de nombreux chantiers. Le Mondolkiri est une province située à l'est du Cambodge à la frontière avec le Viet-Nam, c'est l'une des moins peuplée. Elle se trouve à 900 m d'altitude moyenne et était à l'origine couverte de jungle. On y trouve encore quelques tigres et éléphants sauvages. Malheureusement, le "progrès" aidant (et cette nouvelle piste n'améliorera pas la situation), la déforestation est terrible et il ne subsiste que quelques zones de forêt primaire. Nous faisons une pause en route pour faire le plein dans un village digne du "Far West" baigné dans la poussière rouge de la latérite. Nous poursuivons vers Sen Monorom, le plus gros village de la province. Nous sommes maintenant sur un plateau vallonné couvert d'herbes, avec très peu d'arbres. On se croirait presque en Suisse s'il n'y avait pas les palmiers. C'est assez loin de l'image que j'avais de la région !! Nous nous installons au Arun Reah Hill Lodge où nous dinons et passons la nuit.

 

 

Le 17 mars

Au programme ce matin, balade à dos d'éléphant. Notre bus nous conduit jusqu'au village duquel nous allons partir. Il est habité par l'ethnie Phnong. Cette "minorité" du peuple Cambodgien représente la majorité de la population du Mondolkiri. Autrefois, les Phnongs étaient désignés sous le nom de "montagnards" du fait de leur habitat (collines boisées), le type d’agriculture qu’ils pratiquent (l’essartage), ainsi que par leur religion et leur organisation sociale (animistes, non-boudhistes, possession collective de la terre, organisation en communauté villageoise). Ils pratiquaient aussi la capture des éléphants dans la jungle, maintenant interdite en raison de leur raréfaction. Ils les utilisaient comme animaux de bâts et maintenant pour balader les touristes. Mais, leur culture leur interdisant l'élevage des pachydermes, cette activité est vouée à disparaitre.

 

Nous montons à deux par éléphant dans des nacelles trop petites pour ceux qui ont de grandes jambes, comme moi. Ce sont donc 2h30 assez inconfortables que nous nous apprêtons à passer. Nous démarrons sur le plateau, sous le chaud soleil. Nous traversons des villages Phnong où subsistent quelques huttes de bambou traditionnelles. Puis, nous entrons dans la forêt moins chaude, mais où notre monture passe du temps à ramasser herbes et branches pour se nourrir. Les chemins sont assez étroits, parfois pentus, mais les éléphants sont habitués à se déplacer dans cet environnement. Nous passons quelques rivières dans lequels les animaux se raffraichissent en s'aspergeant le ventre. Nous descendons (enfin) après 2h30, arrivés au bord d'une rivière où nos montures se précipitent pour se tremper.

 

Nous pique-niquons au bord de l'eau, puis quittons nos cornacs et partons à pied dans la jungle. Il fait chaud et humide et nous allons essuyer une petite averse orageuse. Nous faisons une pause près d'une cascade, puis entamons la remontée vers le plateau. L'averse a raffraichi l'atmosphère et la fin de balade est très agréable. A part quelques oiseaux, nous ne voyons aucun animal sauvage. Nous sortons de la forêt pour nous diriger vers le village où nous allons passer la nuit. Il s'agit d'un village Phnong où nous avons deux pièces à notre disposition dans des maisons sur pilotis. Les habitants sont assez distants et seuls les enfants curieux s'approchent de nous et nous observent pendant notre repas. Puis, la glace se rompt petit à petit et les enfants viennent nous chanter leurs chants traditionnels auxquels nous tentons de répondre par quelques comptines...

 

 

Le 18 mars

Nous quittons nos hôtes Phnong et prenons le bus en direction de la cascade de Bousra. Cette double chute d'eau (18 m et 37 m) est très jolie mais ne permet pas vraiment de se baigner. Néanmoins, nous prenons une douche vivifiante sous les 18 m de la première chute (ça pique dans le dos !!!).

 

Nous nous dirigeons vers le village de Bousra tout proche et faisons une balade dans la campagne et les rizières avoisinantes. Puis, nous revenons dans le village où nous trouvons beaucoup d'enfants qui nous lancent leurs 'Hello - Bye bye'. Nous déjeunons dans un petit restaurant local.

 

L'après-midi, nous visitons une plantation de divers fruits, de poivre et de café. Nous retournons vers Sen Monorom et montons à Phnom Doh Kronom, une colline qui domine la ville. Il faut grimper quelques centaines de marches pour y accéder et voir la vue depuis la petite pagode qui s'y trouve. Nous terminons la journée par un petit tour du marché et passons la nuit au Arun Reah Hill Lodge.

 

 

Le 19 mars

Nous quittons le Mondolkiri et reprenons la piste vers Snuol. La climatisation du bus est en panne et la réparation n'ayant pas pu être faite à Sen Monorom, nous devons rouler fenêtres ouvertes. Nous déjeunons à Snoul, puis avons du temps libre en attendant la réparation. Nous visitons le marché en long et en large. On y vend de tout, du poisson-chat à la nourriture pour bétail, des fleurs artificielles aux mangues en passant par des carcasses d'animaux (singes ou écureuil ??) probablement destinés à la médecine traditionnelle.

 

La réparation a pu être effectuée et nous retrouvons la fraicheur du bus pour le trajet de l'après-midi en direction de Kratié. Puis, nous remontons le Mékong jusqu'aux chutes de Kampi. C'est ici que l'on peut observer les dauphins (ou orcelle) d'Irrawady. Ces dauphins d'eau douce sont en voie de disparition, il n'en reste plus que quelques dizaines en deux endroits sur le Mékong. On en trouve également dans les eaux côtières du Sud-Est asiatique, d'Indonésie et du nord de l'Australie. Le mâle mesure de 2,20 à 2,70 mètres et la femelle de 2,20 à 2,30 mètres. Ils se nourrit de poissons, crustacés et céphalopodes. Ce petit dauphin à tête ronde dépourvue de bec et à aileron dorsal insignifiant est un nageur peu démonstratif. Nous embarquons pour une balade sur le fleuve pour observer les cétacés. Nous en voyons souvent et de près, mais ils ne sautent que très rarement hors de l'eau et nous ne verrons que leur dos lorsqu'ils viennent respirer à la surface.

 

Nous rentrons à Kratié pour profiter du coucher de soleil sur le Mékong en savourant une bonne bière bien fraiche. Nous passons la nuit au Santepheap Hotel.

 

 

Le 20 mars

Je profite de la relative fraicheur du petit matin pour flâner le long du Mékong. On peut déjà y voir les bacs qui transportent les écoliers habitant sur l'île située en face, les pêcheurs remontant leurs filets. Après le petit déjeuner, nous partons pour une visite du marché et des façades coloniales qui l'entourent. Malgrè l'heure matinale, l'activité bat son plein, les paysans des alentours arrivent en fin de nuit pour s'installer et être prêt à recevoir les clients dès le lever du jour.

 

Nous remontons dans le bus et descendons sur la route longeant le Mékong. Nous arrivons dans une région occupée par l'ethnie Cham. Les Khmers-chams sont musulmans, sunnites de l'école chafiite. En 1997 le Cambodge comptait près d'un demi million de musulmans et quelques 260 mosquées, toute offertes par la communauté islamique étrangère. Bien que peu nombreux, les Chams ont toujours joué un rôle important dans la politique intérieure du Royaume et ont toujours été des alliés fidèles de la royauté, obtenant ainsi titres et privilèges non négligeables. En 1975 les Khmers rouges ont anéanti plus de la moitié de la population cham du Cambodge et rasé jusqu'à la dernière brique toutes les mosquées. Il n'est pas faux de dire que la population Cham, bien que sourcilleuse quant à ses différences, est parfaitement intégrée à la communauté cambodgienne. Nous faisons un arrêt pour nous balader dans un de leurs villages. Ils sont effectivement très semblables aux autres Cambodgiens et tout aussi accueillants. Les femmes ne portent pas le voile et, à part une pagode reconvertie en mosquée, rien ne laisse paraître de leur religion. Nous terminons par une visite de l'école où les jeunes élèves sont tout heureux de poser pour la photo.

 

Nous reprenons la route vers Phnom Penh et faisons une dernière pause dans un marché un peu spécial où l'on vend quelques mets particuliers : araignées et criquets frits, oiseaux laqués... Puis, sur la dernière portion de route, la clim nous lâche de nouveau et nous approchons de la capitale du Cambodge, Phnom Penh. La ville tire son nom du Wat Phnom Daun Penh (connu maintenant seulement comme Wat Phnom, ou "colline du temple"), édifice religieux construit en 1373 pour abriter cinq statues du Bouddha sur un tertre de 27 m de haut. Daun Penh ("Grand-mère Penh") était une riche veuve qui l'aurait fait construire. Elle abrite plus de 2 millions d'habitants et se situe au confluent de la rivière Tonle Sap (provenant du lac du même nom) et du Mékong. Nous terminons la journée par une balade en bateau sur le Mékong. Le trafic n'est pas très important en ce vendredi soir. Nous voyons très bien la différence de couleur des eaux du Tonlé Sap boueuses et du Mékong beaucoup plus bleues. Nous passons à côté de quelques maisons flottantes et villages de pêcheurs installés sur les bancs de sables. Après un changement de bus, nous arrivons au Pacific Hotel où nous passons la nuit.

 

 

Le 21 mars

Pour cette dernière journée dans le royaume Khmer, nous partons visiter Phnom Penh. Nous débutons par le palais royal construit au début du XXème siècle. Considéré comme le site touristique principal de la ville, sur une surface d'environ 16 hectares, il offre aux visiteurs de grands jardins où sont contruits différents palais et pagodes. On ne peut visiter que la salle du trone surmontée d'une tour de 59 mètres de haut à quatre faces, inspirée par le Bayon d'Angkor. On peut y voir le trone du souverain actuel Norodom Sihamoni ainsi que de son père Norodom Sihanouk. A côté, se trouvent la résidence privée et les bureaux du roi. De part et d'autre, on peut voir deux pavillons qui étaient utilisés à l'époque pour que les souverains montent sur leurs éléphants.

 

Dans les jardins, nous pouvons voir l'arbre qui porte la fleur de Bouddha. Cet arbre, originaire de Guyane, est aussi appelé arbre à boulets de canon, à cause de la forme de ses fruits. Les fleurs poussent en grappe directement sur le tronc. Nous y trouvons aussi de très belles orchidées. Un curieux bâtiment d'architecture "à la Française" dénote dans l'ensemble harmonieux du palais, c'est le pavillon Napoléon III. Il fut offert par l'Impératrice Eugénie au Roi Norodom 1er, à l'occasion de l'inauguration du Canal de Suez.

 

Nous nous dirigeons ensuite vers la Pagode d'Argent. L'enceinte extérieure est couverte de fresques peintes en 1903 et 1904 racontant les épisodes du Ramayana. Celle-ci sont assez détériorées par l'humidité. la Padoge d'Argent (ou Wat Preah Keo), est le sanctuaire des cendres royales. Depuis 1962 y scintillent 5329 carreaux d'argent de 1,125 k chacun. La pagode fut édifiée par le Roi Norodom de 1892 à 1902. On voit, dans la cour, sa statue équestre où il est représenté habillé en général français. L'intérieur propose aux visiteurs environ 1600 pièces à découvrir, des objets de culte, des bouddhas, des statues avec des incrustations de diamants, de rubis. Des éléments en or, en bronze, en argent, des pierres précieuses et toutes sortes d'objets évoquant un passé riche et glorieux. Parmi les pièces les plus remarquables, un petit Bouddha d’émeraude du XVIIème siècle en cristal de Baccarat est placé au centre, avec en face de lui un Bouddha en or de 90 kg, réprésentant les bijoux du Roi qu'il a fait fondre, incrusté de 9584 diamants. Ce Bouddha date de 1906, et a été réalisé d’après les mensurations exactes du Roi Norodom. Comme dans le Palais Royal, les photos sont interdites à l'intérieur du bâtiment.

 

Nous terminons cette matinée par la visite du Musée National (Musée Albert Sarraut). Construit par les Français à partir de 1917, il occupe un vaste bâtiment de couleur ocre, situé près du Palais Royal. Les salles exposent des chefs-d'oeuvre de l'art khmer en quatre galeries ouvrant sur un magnifique patio. Dans la première, les pièces en bronze de la période pré-historique, dans la deuxième et troisième se trouvent les pièces en grès des périodes pré-angkorienne (IV-IXème siècles) et angkorienne (Xème et XIVème siècles) et dans la quatrième les pièces en bois et en bronze de la période post-angkorienne (après le XIVème siècle). Après le déjeuner, l'après-midi est libre pour les derniers achats de souvenirs avant de prendre l'avion pour rentrer à Paris via Bangkok.

 

 

Un grand merci aux sites suivants dont j'ai utilisé une partie des textes :

Site archéologique d'Angkor

Guide des temples d'Angkor